SOP2 - HyMeX

HyMeX SOP2

La seconde période d’observations spéciales du programme HyMeX


Une campagne de mesures dédiées à l’observation des échanges air-mer intenses et à la formation d’eaux denses dans le Golfe du Lion.

Coordination CNRM-GAME Véronique Ducrocq
Équipes CNRM-GAME GMME, GMEI, GMGEC, GMAP
site internet du projet http://www.hymex.org

 Contexte et objectifs

La seconde campagne de mesures intensives (SOP2 - Special observation period 2) du programme HyMeX était consacrée à l’observation et à la modélisation de la formation d’eaux denses et de convection océanique dans le Golfe du Lion, associée aux flux intenses air-mer en régime de mistral et tramontane. En effet, ces vents régionaux secs, froids en hiver de la terre vers la mer, produisent des échanges air-mer importants, notamment une forte évaporation et un refroidissement qui augmente la densité des eaux océaniques superficielles. Une déstabilisation progressive de la colonne d’eau sous l’effet des coups de vents répétés et prolongés peut conduire en fin d’hiver au déclenchement de convection océanique affectant toute la colonne d’eau dans les régions soumises à ces régimes de vents régionaux, comme le Golfe du Lion.

Ces zones de convection océanique et de formation d’eaux denses sont les moteurs de toute la circulation thermohaline en Méditerranée. Le brassage vertical de toute la colonne d’eau permet également d’amener de l’oxygène vers les couches plus profondes, alors que les substances nutritives, abondantes en profondeur, sont remontées vers les couches superficielles. Ce phénomène, dont l’occurrence et l’amplitude sont très variables d’une année sur l’autre impacte largement la dynamique des écosystèmes marins, la chaîne alimentaire marine et les ressources de pêche.

 Lieu et dates

La campagne s’est déroulée du 27 janvier au 15 mars 2013 dans le Golfe du Lion, une zone majeure de formation d’eaux denses en Méditerranée. Les coups de mistral et de tramontane ont été au rendez-vous, avec sur le mois et demi de campagne, huit épisodes de vents forts. Ces conditions ont été propices à la formation d’eaux denses et de convection océanique affectant toute la colonne d’eau dans le Golfe du Lion.

  Moyens déployés

Le dispositif expérimental visait à obtenir une description la plus détaillée possible des caractéristiques (extension spatiale, température, salinité, courant) de la zone de formation d’eaux denses et de ses échanges avec la couche limite atmosphérique.

  • La région a ainsi été quadrillée par 7 gliders de la DT/INSU qui se sont relayés pour réaliser des transects dans la zone de formation d’eaux denses, 5 flotteurs ARGO à cycle journalier et jusque 2000m de profondeur mis à l’eau avant le début de la campagne et qui ont complété la flottille d’une dizaine de flotteurs déjà présents dans la zone, et une dizaine de bouées dérivantes SVP et marisondes de Météo-France. Des mesures du profil océanique par CTD et XBT ont aussi été réalisées au cours de la campagne du navire de recherche Le Suroit du 2 au 22 février dans le cadre du programme MISTRALS/MERMEX, ainsi qu’à l’occasion de sorties de quelques jours du navire Tethys II du CNRS et du baliseur Le Provence des Phares et Balises.
  • Des mesures de flux à l’aide d’un mat instrumenté et depuis la plate-forme Ocarina, ainsi que des mesures de houle ont pu être réalisées à l’occasion des sorties du Provence. C’était aussi l’objectif de la quinzaine de vols réalisés par l’ATR42 de l’UMS SAFIRE que de mesurer les flux dans la couche limite marine, ainsi que les vagues avec le radar Kuros dans le cadre d’un projet associé du CNES.
  • La couche limite atmosphérique a aussi été documentée au moyen d’une quinzaine de ballons de couche limite du CNES lancés depuis la région de Montpellier et de lâchers de radiosondages depuis la côte, ainsi que par le réseau de 6 profileurs de vent installés le long des côtes françaises, de Perpignan au sud de la Corse.
  • Le centre de coordination des opérations était installé au CNRM-GAME où les scientifiques avaient à disposition les prévisions météorologiques d’une version dédiée du modèle AROME de Météo-France (AROME-WMED) et des modèles opérationnels de Météo-France et du CEPMMT, ainsi que des prévisions océaniques des modèles opérationnels PSY2 et IBI36 de Mercator-Océan, du modèle MARS de l’Ifremer et du modèle de recherche SYMPHONIE de l’OMP, afin de planifier au mieux le déploiement des moyens aéroportés et à la mer dans les zones d’intérêt.

 Pour en savoir plus

Ducrocq, V. ; Belamari, S. ; Boudevillain, B. ; Bousquet, O. ; Cocquerez, P. ; Doerenbecher, A. ; Drobinski, P. ; Flamant, C. ; Labatut, L. ; Lambert, D. ; Nuret, M. ; Richard, E. ; Roussot, O. ; Testor, P. ; Arbogast, P. ; Ayral, P.-A. ; Baelen, J. Van ; Basdevant, C. ; Boichard, J.-L. ; Bourras, D. ; Bouvier, C. ; Bouin, M.-N. ; Bock, O. ; Braud, I. ; Champollion, C. ; Coppola, L. ; Coquillat, S. ; Defer, E. ; Delanoe, J. ; Delrieu, G. ; Didon-Lescot, J.-F. ; Durand, P. ; Estournel, C. ; Fourrié, N. ; Garrouste, O. ; Giordani, H. ; Coz, J. Le ; Michel, Y. ; Nuissier, O. ; Roberts, G. ; Said, F. ; Schwarzenboeck, A. ; Sellegri, K. ; Taupier-Letage, I. ; Vandervaere, J.-P., 2013 : HyMeX, les campagnes de mesures : focus sur les événements extrêmes en Méditerranée, la Météorologie, 80, 37-47

 Partenaires et financements

La campagne est financée par le programme MISTRALS du CNRS, le programme blanc de l’ANR (projet ASICS-MED), le CNES, Météo-France.

Partenaires impliqués dans la campagne : CNRS, Météo-France, CNES, Universités (Marseille, Paris, Toulouse), Mercator-Océan, Ifremer

Principaux laboratoires français impliqués dans la campagne :
GAME/CNRM (Toulouse), LA/OMP (Toulouse), LATMOS/IPSL (Île-de-France), LMD/ IPSL (Île-de-France), LOCEAN/IPSL (Paris), LOV/OOV (Villefranche-sur-mer), MIO (Marseille), UME/ENSTA (Paris).
Avec le soutien de la DT/INSU, de SAFIRE, de la division ballon du CNES, et des services Sedoo (OMP) et ESPRI (IPSL) pour la base de donnée et le site de campagne.